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10 juin 2009 3 10 /06 /juin /2009 00:50
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Se basant sur un scénario coécrit avec  Stuart Beattie, Ronald Harwood et Richard Flanagan, l’Australien Baz Luhrmann nous a offert en 2008 un billet pour aller visiter son pays natal, avec son film Australia. On le connaissait déjà avec son Ballroom Dancing sorti en 1992, le William Shakespeare’s Romeo + Juliet de 1996, Moulin Rouge! Réalisé en 2001, et l’on savait l’ampleur de sa maîtrise et l’on a beaucoup apprécié ses œuvres qui tranchent avec les autres œuvres des autres réalisateurs, que ce soit du côté du scénario (n’oublions pas que Romeo + Juliet et Moulin Rouge! sont basés sur des scénarios écrits par Luhrmann et Craig Pearce), ou de celui de la réalisation (certainement parce qu’il est déjà passé devant la caméra, comme acteur, dans Winter of Our Dreams en 1981 et The Dark Room en 1982, ce qui lui a donné une idée suffisamment claire à propos du travail des acteurs).

 

Australia est en même temps un film sentimental, d’action, exotique, historique, etc. L’histoire qu’il raconte se passe vers la fin des années 30. Lady Sarah Ashley (Nicole Kidman), une aristocrate anglaise hautaine et renfermée, arrive au cœur des paysages sauvages du Nord de l'Australie pour y rejoindre son mari qu'elle soupçonne d'adultère, et qui tente - sans succès - de vendre l'immense domaine qu'ils possèdent sur place: Faraway Downs.

 

Lady Ashley ne tarde pas à découvrir que l'exploitation est au bord de la ruine et menacée par son propre contremaître, Neil Fletcher, un homme sans scrupules de mèche avec un puissant éleveur, prêt à tout pour précipiter la chute du domaine et s'en emparer.

 

Pour sauver Faraway Downs, Sarah n'a pas d'autre choix que de s'allier à un "cow-boy" local un peu rustre connu sous le seul nom de "Drover" (Hugh Jackman), et de parcourir avec lui des milliers de kilomètres à travers les terres aussi magnifiques qu'inhospitalières du pays afin de mener jusqu'à Darwin 1500 têtes de bétail.

 

Peu à peu transformée par la puissance et la beauté des paysages, touchée par la rencontre d'un jeune aborigène orphelin, Sarah découvre des sentiments qu'elle n'avait jamais éprouvés jusqu'alors.

 

Au terme de leur périple, la seconde guerre mondiale a rattrapé l'Australie, et la ville de Darwin doit désormais faire face aux bombardements japonais.

 

Pour la première fois de sa vie, Sarah sait pour qui et pour quoi se battre, et est prête à tout pour sauver ce qui compte désormais pour elle.

 

À vrai dire, jamais encore un cinéaste australien n’avait tenté un projet de cette ampleur se déroulant dans son propre pays. Australia est à la fois un film d’une ambition peu commune, l’apogée d’un voyage personnel pour le réalisateur Baz Luhrmann, et un témoignage de la puissance et de l’influence du septième art australien. L’Australie a commencé à se révéler à travers son cinéma dans les années 70, lorsque le gouvernement a soutenu financièrement l’émergence d’une industrie cinématographique encore jeune, donnant naissance à des films comme Picnic At Hanging Rock (Pique-Nique à Hanging Rock, pour la version française) de Peter Weir (1975), Breaker Morant (Héros ou salopards) de Bruce Beresford (1980), et Gallipoli de Peter Weir (1981). Le blockbuster Mad Max (George Miller, 1979, 1981 et 1985) et le film d’aventures Crocodile Dundee (Peter Fairman, 1986), phénomènes cinématographiques des années 80, ont éveillé l’intérêt du public du monde entier et ont popularisé des personnages hors du commun et valeureux ainsi que d’extraordinaires paysages, immenses et sauvages...

 

Tout est agréable dans ce film, malgré la longue distance qui le sépare de films comme Out of Africa (Sydney Pollack, 1985) ou Gone with the Wind (Autant en emporte le vent, pour le titre français, réalisé par Victor Fleming en 1939). Malgré tous ses mérites et la beauté des paysages, jouant entre comédie, western et film de guerre romantique quand les Japonais attaquent, Australia met du temps à se chercher, ne fonctionne que par à-coups. Ce qui est sûr, c’est qu’il lui manque le souffle nécessaire aux longues œuvres... Deux heures quarante minutes, c’est vraiment long, quand on se résigne à faire un film traditionnel, linéaire.

Reconnu pour ses alliages audacieux entre tradition et modernité, Baz Luhrmann tombe ici, sans la moindre résistance, dans le piège de la simplicité, des développements prévisibles et utilise une caméra presque conservatrice. Il semble avoir sacrifié l’œuvre d’art au profit de l’hommage qu’il voulait rendre à l’Australie. Mais c’est certainement parce qu’il sait y faire qu’Australia n’est pas un échec... Heureusement!

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Published by Genius - dans Les critiques
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commentaires

Aziz Anouar 10/06/2009 21:01

azizanouar@yahoo.fr
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J'ai plein de questions à propos des nouveaux films de Cannes 2009.

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