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17 octobre 2009 6 17 /10 /octobre /2009 21:11
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La Chose d'un autre monde (The Thing From Another World) est un film américain réalisé par Christian Nyby sorti en 1951. Scénario : Charles Lederer, Howard Hawks (non crédité) et Ben Hecht (non crédité) d'après l'œuvre de John W. Campbell (Who goes there?)

* Il est communément admis que c'est Hawks plus que Nyby qui dirigea le film.

* Le film a fait l'objet d'un remake de John Carpenter en 1982 : The Thing avec Kurt Russell dans le rôle principal.

 

Une équipe de scientifiques découvrent en arctique un vaisseau spatial prisonnier de la banquise. En tentant de l'en extraire à l'aide d'une bombe thermique, ils le détruisent mais décèlent alors sous la glace un humanoïde. Ils ramènent le corps à leur camp dans un énorme bloc de glace. Mais ce dernier font accidentellement et son hôte congelé en est libéré. Il s'avère qu'il s'agit d'un être végétal que le froid n'affecte pas et qui se nourrit de sang humain.

 

En 1934, John W. Campbell, éditeur de la revue Astounding Stories, écrit : « Who goes there » chef d’œuvre de la nouvelle de SF qui donnera lieu à deux adaptations cinématographiques, une première en 1951 que l’on doit à Howard Hawks et Christian Nyby « The thing from another world », et « The Thing » de John Carpenter en 1982. La version de Carpenter est l’adaptation fidèle de la nouvelle de Campbell.

 

L’histoire est un huis-clos parfaitement rythmé qui traite de la question de l’identité et d’une menace invisible, potentiellement si redoutable que se joue entre les lignes le devenir de l’humanité.

 

Prédateur ultime venu du fond des âges, le génial remake de Carpenter ne trouva pas son public en salle, le public préférant au pessimisme absolu du film le gentil alien de E.T. sorti la même année, mais « The thing » devint très rapidement culte au travers du circuit vidéo.

 

La légende veut que l'identité du réalisateur de La Chose d'un autre monde ne soit pas véritablement connu. Les crédits mentionnent Hawks comme producteur, mais il serait en fait largement responsable de la réalisation, attribuée à Nyby. On a dit également que Orson Welles aurait apporté son concours à ce film… Autant du point de vue de la réalisation que des thèmes ou encore des personnages, on reconnaît bien la patte de Hawks qui, se préoccupant peu d’être crédité comme l’auteur de ce film de série B, fera de son assistant Nyby, le réalisateur officiel. Un huis-clos, un groupe humain confronté à une aventure extraordinaire, un personnage féminin intégré dans un univers strictement masculin (Margaret Sheridan), sont autant de marques de fabrique qui suggèrent le travail du metteur en scène des Hommes préfèrent les blondes et de Rio Bravo.

 

A la différence de la version de Carpenter, mal accordée à l’esprit de son époque, Howard Hawks et Christian Nyby bénéficient d’un climat beaucoup plus favorable. Quelques années plus tôt, en juillet 1947 à Roswell dans l’Etat du Nouveau Mexique, le crash et la récupération d’un ovni, annoncé puis dénoncé par l’Armée de l’Air, a soulevé les rumeurs. L’ufologie est aux Etats-Unis en train de naître et le phénomène ovni prend le statut de fait de société qu’il conserve aujourd’hui. Ce film doit être considéré comme le pendant de Le Jour où la terre s'arrêta (The day the earth stood still) de Robert Wise, tourné la même année 1951 et qui met en scène un extraterrestre plus humaniste que les humains eux-mêmes. Si La Chose de Carpenter est monstrueuse et polymorphe, celle de Hawks et Niby est comme dans beaucoup d’autres films de genre de l’époque, une allégorie politique.

 

Le film correspond vraiment à l’esprit de son époque. En faisant de la chose extraterrestre un virus redoutable qui menace de s’étendre à la Terre entière et qui avance masqué en prenant l’apparence de ceux qu’il a contaminé, le film est un pamphlet anticommuniste. Seul le personnage du docteur Arthur Carrington (Robert Cornthwaite) souhaite préserver la créature par souci scientifique. Cette volonté de vie se soldera par la mort atroce de ce dernier. Dans la version de Carpenter, le personnage du Docteur n’est plus qu’un homme brisé, convaincu du haut de sa science lucide, que ses collègues de la station et au delà, l’humanité toute entière, est déjà condamnée.

 

On y retrouve le spectre de la raison d’Etat lorsque le journaliste Ned Scott découvre, enthousiaste, les restes de la soucoupe volante, le Capitaine Patrick Hendry étouffe l’affaire au nom du secret militaire. La prise en charge du dossier ovni par les services secrets de l’Armée est en filigrane derrière cet épisode. Scott a beau faire appel à la Constitution et à la liberté de la presse, Hendry ne cèdera pas, même si la morale est préservée et que Scott aura le loisir de prévenir finalement la presse.

 

Si le film ne constitue pas en soit un chef d’œuvre, il constituera une inspiration profonde pour de nombreux réalisateurs. Dans Alien de Ridley Scott, le détecteur de mouvements est bien inspiré du compteur Geiger utilisé afin de localiser les déplacements de la chose. De façon générale, il est le point de départ de toutes les œuvres qui traiteront d’extraterrestres se servant des hommes et de leur apparence pour conquérir la planète. Comme dans Les Envahisseurs de la planète rouge (Invaders from Mars) ou L'Invasion des profanateurs de sépultures (Invasion of the body snatchers), l’ennemi corrompu par le virus extraterrestre est comme le prétendu « ennemi de l’intérieur », menaçant et agissant dans l’ombre.

 

Distribution:

* Margaret Sheridan : Nikki

* Kenneth Tobey : Capitaine Patrick Hendry

* Robert Cornthwaite : Dr. Carrington

* Douglas Spencer : Scotty

* James R. Young : Lieutenant Eddie Dykes

* Robert Nichols : Lieutenant Ken Erickson

* William Self : Barnes

* Eduard Franz : Dr. Stern

* Sally Creighton : Mrs. Chapman

* James Arness : la chose
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Published by Genius - dans Les critiques
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